École Normale Supérieure de Lyon
Site René Descartes

15 Parvis René-Descartes
Amphi Descartes, 69007

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Avec la participation de René KAËS, Bernard CHOUVIER, Malika MANZOURI, Magali RAVIT, François DUPARC, Tristan DOGRON, Régine WAINTRATER, Denis MELLIER, mais aussi avec Édith LECOURT, Christophe BITTOLO, Blandine GUETTIER, Catherine DAVID, Almudena SANAHUJA, Didier ROFFAT, Jean-Bernard CHAPELIER, Clarisse VOLLON, Patrick DESSEZ, Philippe CASTRY, Philippe DRWESKI, Aurèlie MAURIN, Lila MISTOPOULOU, Anne-Claire DOBRZYNSKI, Mania VIDALAKI  etc

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GROUPE ET DESTRUCTIVITÉ

Les groupes portent en eux des forces destructrices plus ou moins intenses comme la perte de limite entre les individus, le débordement pulsionnel, l’inhibition de la pensée, la toute-puissance ou l’emprise. La violence peut y être décuplée jusqu’aux extrêmes, la mort, la torture, le terrorisme, les guerres ou les génocides. Si la destructivité est constitutive de toute formation groupale, comme Freud et Bion l’ont montré, elle ne peut pas se réduire aux seuls processus mortifères. La destructivité est également un puissant ressort de pensée, de contenance et d’élaboration groupale.

Winnicott a montré comment la destructivité présente chez le bébé lui permet de distinguer la réalité du fantasme. Quand l’objet survit à sa destruction, alors s’ouvre pour le sujet l’espace créatif de la fantasmatisation. Le travail en groupe permet d’élaborer les effets des destructions passées. Il peut devenir un espace privilégié de vie. Les travaux d’Anzieu et de Houzel mettent en évidence comment ces processus de contenance sont possibles.

Les rapports entre groupe et destructivité se déclinent sous la forme d’occurrences totalement opposées comme celle de la crise et du délitement destructeur, celles de positions défensives et de contention ou bien celles constructives de la contenance et de la pensée inhérente aux groupes.

Comment la pulsion de mort se met-elle au service de la vie ? Comment l’intrication pulsionnelle est-elle possible et réalisable en groupe ? Si les groupes sont traumatophiles, selon l’expression de Kaës, comment peuvent-ils résister aux impacts délétères des traumatismes que chaque participant porte en lui-même, a fortiori quand l’environnement est en crise ? Quelles sont les conditions pour que les mouvements de déliaison présents dans tout groupe puissent se transformer ?

Le cadre du travail groupal, le dispositif et la place du clinicien sont à questionner, ainsi que les processus propres à soutenir et développer les liaisons psychiques. Groupes d’enfants ou d’adultes, thérapies familiales ou groupes à médiation, supervisions ou analyses de la pratique, la qualité, la forme et l’évolution des processus associatifs sont propres à chacun de ces espaces.

A l’heure où les enjeux sociétaux pèsent plus que jamais sur les individus et les institutions, ce colloque a pour objectif de distinguer et de mettre au travail les différentes voies de la destructivité qui traversent les groupes, mais aussi le monde que nous habitons.

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